Au moment de son enregistrement officiel, le 16 août 1988, la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGF-M) a déjà huit ans d’activité derrière elle. Dès le début de son organisation, les sujets sur lesquels elle œuvre sont en accord avec les réalités actuelles : ouverture de services d’interruption de grossesse en région, reconnaissance du phénomène de violence conjugale (qu’on appelait alors violence en milieu familial), autonomie économique des femmes, retour au travail, économie et pouvoir des groupes de femmes dans la région, projet pilote pour l’obtention d’un siège en condition féminine en Montérégie et bien d’autres encore.
Lancement du premier mémoire
Le mouvement des femmes québécois connaît un essor important au début des années 1990. La TCGF-M n’est pas en reste parce qu’elle se bat avec force pour la reconnaissance du travail des groupes de femmes. Elle lance avec éclat et devant la presse son mémoire Le travail des femmes, une reconnaissance sans fond$, en avril 1988. Cet ouvrage revendique une reconnaissance pour le travail bénévole des femmes et un financement raisonnable pour les groupes de femmes. À l’époque, le financement qui leur est accordé est extrêmement limité et la raison d’être des groupes, constamment remis en question. Les objectifs du mémoire sont atteints, la visibilité de la TCGF-M est accrue et elle est davantage légitimée de la part de la Régie régionale (ancêtre de l’Agence de la santé et des services sociaux).
En 1995, la TCGF-M prend part à un événement d’importance : la Marche du Pain et des Roses, en collaboration avec la Fédération des femmes du Québec, instigatrice du projet. Elle se révèle un élément clé de la mobilisation en Montérégie. 400 marcheuses partent de Longueuil le 26 mai pour une marche de 200 kilomètres qui les mène jusqu’à l’Assemblée Nationale.
Marche mondiale des femmes
Elle reprend du service en l’an 2000, en participant en force à la Marche mondiale des femmes et met sur pied le Comité régional d’organisation de la Marche en Montérégie (CROM-M) qui a pour mandat de voir au bon fonctionnement des activités sur le territoire. Un des éléments qui restera gravé dans la mémoire collective demeure la fermeture imposée du pont Jacques-Cartier, que les groupes de femmes ont franchi en masse pour se rendre au point de ralliement de Montréal. Cette manifestation se révèle déterminante pour le statut des groupes de femmes du Québec. Au total, des centaines de femmes de la région marchent solidairement avec des femmes de partout dans le monde pour sensibiliser la population à leurs revendications.
En 2003, la TCGF-M participe à la mission Suède, une première du genre au Québec. Elle concentre ses efforts sur le secteur de la santé et des services sociaux et particulièrement sur des questions de développement social, de politiques familiales (conciliation famille/travail), de services à la famille, bref, d’implication des femmes à part entière. S’ensuit un colloque qui réunit les groupes de femmes de la région pour faire part des conclusions du projet et le dépôt d’un mémoire inédit auprès du gouvernement provincial en janvier 2006 dans le cadre de la consultation publique sur l’élaboration de sa politique d’égalité.
Et maintenant?
Aujourd’hui, les sujets de préoccupation ont quelque peu changé, le mouvement des femmes ayant connu de grandes avancées, mais les objectifs et la vision restent les mêmes. La TCGF-M est présente auprès des instances décisionnelles, se préoccupe de tous les dossiers qui touchent la Condition féminine, notamment la question des jeunes face aux stéréotypes sexistes et l’intégration des femmes immigrantes. De plus, suite à sa planification stratégique et un exercice de priorisation des dossiers, la TCGF-M a identifié deux dossiers prioritaires: l'impact de la régionalisation sur les montérégiennes et l'amélioration de la conciliation travail
/famille par une plus grande accessibilité des places en garderie.